Alain Delon tournait « Pour la peau d’un flic », film sorti en septembre 1981 et dans lequel il affirmait devant un de ses collègues : « ça ne vaut pas cher la peau d’un flic, surtout si c’est un ex-flic ».

Malheureusement, aujourd’hui, cette réplique est encore plus vraie !

Le jeune Nahel, hors la loi notoire qui a une fois de plus provoqué la police, en est mort, entrainant indirectement et injustement notre collègue qui ne voulait que se protéger et qui en finalité a passé 5 mois en prison, alors que tant que sa culpabilité n’a pas été prouvée, il n’avait pas à y être ! Certains ont affirmé que son incarcération était destinée à le protéger d’éventuelles représailles. Il est vrai qu’à peine sorti, il est déjà menacé de mort et que la mère de Nahel a organisé une marche de protestation pour faire pression sur la Justice…

Voilà dans quelles conditions de danger nous travaillons, jour et nuit. Or, personne ne proteste, et ne prend notre défense ! Pourquoi ?

Les seuls sur qui nous pouvions compter étaient ces Français qui ont donné de l’argent pour la cagnotte de notre collègue, et c’est ce qu’il y a de plus beau car ces gens du peuple savent qui nous sommes et ce que nous faisons pour eux. Quant à la suppression de la cagnotte, elle a traduit un divorce entre notre classe politique et notre peuple.

La demande d’un an de prison avec sursis contre l’avocat Maître Éric Dupont-Moretti, notre actuel Ministre de la Justice et Garde des Sceaux, ne va faire qu’aggraver la méfiance entre nos concitoyens et notre personnel politique. Une situation malsaine qui, si elle perdure, pourrait se révéler extrêmement dangereuse tant elle est perverse !

Or, ces derniers jours, certains de nos collègues ont été traînés à terre par les autos ou motos de chauffards qu’ils tentaient d’arrêter. L’un d’eux, reconnu coupable par la Justice, a été condamné à 35 heures de TIG ! Comment expliquer une telle différence ?

Nos magistrats n’ont-ils pas conscience des traumatismes physiques et psychologiques et des séquelles qu’ils vont affliger à nos malheureux collègues ? Sans compter que ce sont toujours nos malheureuses collègues femmes qui, dans la Police comme dans la Gendarmerie, payent le plus lourd tribut à la violence qui gangrène toujours davantage notre société, parce que les gens ont de plus en plus peur et font n’importe quoi, au mépris de toute rationalité, tandis que d’autres, pensant qu’ils ne risquent plus rien se lancent dans une délinquance et une violence aveugles…

Face à cette escalade inquiétante, il devient absolument indispensable de renouer le dialogue entre Police et Justice pour éviter de nouveaux conflits entre nous. N’oublions jamais que Police et Justice sont deux piliers essentiels de toute Démocratie et donc de notre République française.

Gilles MANCINI

Secrétaire Général Adjoint

Catégories : Actualités

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